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Colloque international Mediabd

la bédéphilie en revues

Visioconférence - 17/18 juin 2021

A partir des années 60, les revues bédéphiles de toutes natures prolongèrent d’une part une longue histoire de la « petite » édition périodique culturelle (la small press des domaines littéraires et artistiques dans le monde anglo-saxon), d’autre part une histoire plus récente de l’édition périodique « philique », production à mi-chemin entre les univers amateur et professionnel, structurée autour de « hobbys » n’ayant pas encore accédé à la dignité implicite dont bénéficie l’engagement en faveur d’avant-garde de domaines artistiques « consacrés ». Une trame chronologique rudimentaire de l’édition périodique philique pourrait débuter au XIXe siècle avec les premières revues sur la photographie et se poursuivre avec celles consacrées au cinéma et au jazz (1ère moitié du XXe siècle), puis aux littératures policières et de science-fiction (après-guerre), pour arriver à la bande dessinée et aux musiques pop/rock seulement à l’orée des années 60.
Les revues spécialisées sur la bande dessinée constituent un domaine spécifique au sein de la bédéphilie, dans la mesure où elles fonctionnent comme un espace d’expression pour « spécialistes » depuis lequel connaissances et débats se diffusent vers d’autres amateurs, vers les médias, vers des segments du grand public. Aux Etats-Unis, une histoire de ces revues a été esquissée par Bill Schelly, via l’histoire des réseaux de fans dans les années 60 et 70 ; mais là aussi, l’analyse serrée de la bédéphilie spécialisée sous forme périodique reste à faire. Quelques revues marquantes ont eu l’honneur d’articles rétrospectifs sur le mode nostalgique, essentiellement dans d’autres revues bédéphiles : Phénix remémoré dans Les Cahiers de la Bande Dessinée par Th. Groensteen en 1985, Le Kiosque de Jean Boullet présenté dans Le Collectionneur de Bandes Dessinées par M. Denni en 1998. Si le corpus des principales revues bédéphiles est depuis longtemps recensé dans l’argus Trésors de la bande dessinée BDM, il faut encore mener à bien leur dépouillement et, comme c’est l’ambition de MEDIABD, une indexation permettant de rendre visibles les axes de force à l’origine des discours sur la bande dessinée qui se sont constitués dans les pages de ces revues depuis plus d’un demi-siècle. En parallèle reste à découvrir toute une production de fanzines à petit tirage et à diffusion surtout locale, dont la diversité reflète les états de la bédéphilie hors des « scènes bd » des métropoles culturelles nationales.
Dans un deuxième cercle, les écrits bédéphiles tels que chroniques, critiques et articles historiques à l’intérieur des revues de bandes dessinées de statuts très divers (pour enfants-ados franco-belges dans Tintin et Spirou ou adulescents post-68 dans Charlie Mensuel, par exemple) manifestaient la transmission en direction de publics élargis de discours sur la bande dessinée qui circulaient jusqu’alors seulement parmi les auteurs, éditeurs et amateurs éclairés. Le site bdoubliees.com a permis un travail de repérage préliminaire de ces types de contenus mais ils n’ont à ce jour fait l’objet d’aucune analyse approfondie.
Dans un troisième cercle enfin, les discours sur la bande dessinée trouvaient peu à peu droit de cité dans les périodiques d’information généraliste ou spécialisés hors BD comme autant de témoignages de la pénétration dans la sphère publique d’une nouvelle sensibilité à un moyen d’expression longtemps marginalisé socialement et culturellement.
Dans le bouillonnement actuel des recherches universitaires sur la bande dessinée, le projet MEDIABD cherche à mettre fin au paradoxe que constitue l’angle mort de la recherche qui fait que les ressources sur la bande dessinée publiées en support revues restent insuffisamment exploitées alors même qu’elles constituent un corpus d’informations considérables sur la réception des bandes dessinées au fil du temps, sur les auteurs, les événements et, en elles-mêmes, sont des sources primaires à prendre en compte dans tout regard diachronique porté sur les divers pans constitutifs de la bédéphilie au sens large.
Colloque en visioconférence
Inscription conseillée auprés de Jean-Paul Gabilliet : contacter