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appel à communications

colloque international : cinéma (d’animation !) et bande dessinée

du 28 au 29-30 avril 2021 - Angoulême

Ce colloque est organisé par la NEF Animation et l’École des métiers du cinéma d’animation (EMCA). Il se tiendra les 28 et 29 avril 2021 (et éventuellement jusqu’au 30 avril 2021) à Angoulême. Il se déroulera au cœur du Pôle image Magelis et s’inscrit dans la programmation de l’exposition « De Popeye à Persepolis  » organisée par le Musée de la Bande dessinée de la Cité Internationale de la Bande dessinée et de l’Image.

thématique

Ce colloque s’inscrit en écho de l’exposition « De Popeye à Persépolis » (Musée de la bande dessinée - du 27 janvier au 2 mai 2021), sans en épouser la thématique, principalement anthropologique. S’il espère (r)ouvrir un champ de réflexion sur les rapports fondateurs et tumultueux existant entre les prototypes des deux arts - souvent à la source d’archétypes d’une culture populaire née à partir du XIXe siècle -, le dessin animé et la bande dessinée, il souhaite aussi prolonger cette réflexion en intégrant à ses spéculations la dialectique de l’histoire des deux arts, leurs mutations spécifiques et leurs évolutions terminologiques – qui voit, par exemple, la désignation première de dessin animé s’élargir, au début des années 1950, au concept plus globalisant de cinéma d’animation ou de film d’animation. La thématique du colloque sera centrée sur les rapports métamorphiques existant dès les origines, et de nos jours (sous de nouvelles formes), entre les deux arts – tout format confondu – interrogeant la nature de ceux-ci. En conséquence, elle prendra en considération les multiples passerelles, échanges et télescopages entre les deux arts, ainsi que les nombreux décadrages et échappements qui ont lieu de plus en plus fréquemment, produisant des cas de figure singuliers et brouillant souvent les lignes des deux arts. Mais elle prendra aussi en compte tout ce qui est de l’ordre du melting pot ou de sa négation radicale, tout ce qui joue et se joue des codes : les emprunts, les transferts, les imitations, les hybridations ou encore ce qui circule de la case à la page, le discontinu ou le contigu kafkaïen, le nomadisme joycien… Elle installera ainsi au centre de sa réflexion, de manière groupée ou non, la triple question des récits, des expressions plastiques et des cinétismes, entendue de la manière la plus extensive.
Cette réflexion impliquera de questionner les processus d’élaboration propres aux deux arts, ce qui les différencie ou les rapproche, ce qui les fait croiser tel ou tel autre art, ce qui les fonde techniquement et/ou esthétiquement. La spécificité d’approche de ce colloque vise à rompre avec les points de vue propres à chacun des arts. Elle invite au contraire à envisager les dialectiques, parfois lointaines et excentrées, qui les nourrissent. Elle invite à penser en termes d’échanges et de brassages plutôt que de compartimentations et d’autosuffisance. Elle invite à examiner les friches et les marges.

argument

Le champ ouvert est international et n’opère pas de choix dans la chronologie historique. Ce champ international est d’autant plus ouvert à un questionnement polysémique des principes et des relations de l’écriture et de l’image, des signes et des formes ou des jeux de mots et des jeux d’images qu’il est constitué d’une mosaïque de cultures. Ce qui fait passerelle et se télescope, et ce qui décadre et déborde, au XXIe siècle, participe probablement du métissage mondial actuel et pas seulement de la rencontre intrinsèque de pratiques des deux arts. Ce qui nous intéresse ici est de parvenir à esquisser une approche capable de prendre en compte l’actuel bouleversement du cinéma dans sa corrélation à l’actuel bouleversement du statut des images (résumé parfois par l’idée d’une « révolution numérique »). Ce qui nous intéresse est de poursuivre, ce faisant, l’ancienne réflexion d’André Bazin sur le « cinéma impur » (relation du cinéma avec les autres arts), d’interroger les concepts d’« image-mouvement » et d’« image-temps » (Deleuze) à l’aune de la saisie qu’en font le cinéma d’animation voire la bande dessinée (mobilité/immobilité ou mouvement de caméra-fantôme, simulation de mouvement) ou de sonder ce qui les fait sortir de leurs gonds naturels et voisiner avec certaines performances hors-écran. Un passage du journal intime de Franz Kafka (25-27 décembre 1911) a été rendu mondialement célèbre par Gilles Deleuze et Félix Guattari (Kafka. Pour une littérature mineure, Minuit, 1975). Ce passage bref mais dense évoquait les « petites littératures », propres aux petites nations ; l’importance cruciale du plus petit événement qui les secoue ; le fait qu’elles se trouvent dans les mains du peuple, à savoir « sinon dans des mains pures, du moins en de bonnes mains ». Il proposait aussi, en trois parties, un « schéma pour établir les caractéristiques des littératures mineures » (« mineures », mieux que « petites », selon la première traduction française du fameux Journal) qui relevait sa « connexion avec la politique », et commençait même par une première partie nommée « Animation » (au sens d’une vivacité propre) rassemblant le programme « animé » suivant : « Querelle ; Écoles ; Revues ». Deleuze et Guattari en tirent l’idée qu’une langue majeure peut produire à l’intérieur d’elle-même un usage mineur de la langue et érigent la « littérature mineure » en une langue idéale et plus puissante que la langue hégémonique des vainqueurs parmi les nations et les empires, une langue porteuse de révolutions. Ne serait-ce pas cela qui est arrivé/qui arrive aux deux arts, les portant à une incandescence inattendue, à des révolutions insoupçonnées ? Il n’est pas abusif, en effet, de voir dans la bande dessinée et dans le dessin animé, élargi au terme de « cinéma d’animation », deux littératures mineures du dessin. À la fois « mineures » dans le dessin si on le considère comme la première forme majeure dans l’histoire de la peinture et des BeauxArts, et « mineures » dans le récit en images si l’on cherche à comparer ces deux arts au cinéma comme représentation dominante originelle du récit dans la modernité. Ainsi, la révolution numérique qui a propagé sur des milliards d’écrans dans le monde entier les narrations en images fixes et les images animées accompagnées de son peut-elle être considérée, en un sens, comme issue de ces formes apparemment mineures.

approches disciplinaires possibles

Nous espérons des communications et des études précises qui pourront être consacrées tant à des cas d’espèce, concernant les deux arts, et posant des questions de transmédialité, qu’à des réflexions plus génériques et plus théoriques sur la thématique décrite. À ce titre, le colloque sollicite des communications de chercheurs et d’universitaires mais aussi d’artistes praticiens.

fils thématiques

• Philosophie et esthétique comparée des deux arts • Art et technique des deux arts • Histoire comparée des deux arts • Sémiologie et sémiotique (approches textuelles, systémiques, classificatoires et/ou expérimentales ; codes hors-normes) • Poïétiques des deux arts (expérimentations, poïétique du collectif, etc.) • Cas de figure (films, livres, albums, auteurs, courants)

appel à communications

Les propositions de communication doivent comporter un titre, le corpus de l’étude et un texte de présentation de 300 à 500 mots, accompagnées d’une courte bio-bibliographie (nom, institution, principales publications).
Elles doivent être envoyées : • avant le 8 janvier 2021 • aux adresses : pascal.vimenet@wanadoo.fr et
x.kawa-topor@nefanimation.fr

Les réponses du comité scientifique aux candidats seront adressées au plus tard le 8 février 2021.

Un programme prévisionnel sera établi dès le mois de janvier 2021. Le programme définitif sera diffusé en février 2021. Les frais de déplacement des intervenants seront pris en charge après accord formalisé, en amont du colloque, sur la base d’une validation du budget correspondant (transport, hébergement, repas…) par l’équipe organisatrice et notamment pour les frais de déplacements internationaux.

comité d’organisation du colloque
Jean-Christophe Boulard Directeur, EMCA Xavier Kawa-Topor Délégué général, NEF Animation Anne Le Normand Chargée de projets, NEF Animation Pascal Vimenet Enseignant EMCA, chercheur associé Université Toulouse Jean-Jaurès

appel à communications